ORIGINE ET SIGNIFICATION DE QUELQUES MOTIFS DE TISSAGES LAO
• Source de revenus pour les villageoises laotiennes, le tissage sur soie et sur coton est une activité artisanale traditionnelle encore très pratiquée. Chaque maison possède son métier à tisser. Les teintures sont entièrement végétales à base de feuilles hachées, fermentées puis bouillies pour le jaune, d’indigo pour le bleu, d’écorce d’arbre, ou d’insectes broyés. Pour les fixer, on utilise de la cendre de coco, des graines de kapok, des résidus de tronc de papayer et de bananier. Les teintures sont testées au soleil et au lavage. Ces tissages se distinguent par leur beauté plastique, la multiplicité des techniques engagées et leurs motifs. Aujourd’hui encore, leurs règles de composition et leur signification profonde gardent tous leurs secrets.• Le diamant ou l’œil sacré : le motif en forme de losanges concentriques, avec souvent en son centre un effet lumineux produit par une concentration de coloration, est appelé douang ta (œil sacré) par les Lao de la province de Samnua. Ce motif, lorsqu’il orne une coiffe féminine, doit être porté sur le front. Il s’agit d’un yantra (diagramme aidant à la concentration) mahayanique, est originaire du Bouthan.
• L’homme grenouille : le motif de l’homme grenouille est étroitement lié au culte de la déesse- Grenouille, progénitrice de l’humanité et protectrice de riz selon les mythes, disparus de nos jours au Laos mais encore bien vivant chez les Zhuang du Guangxi (sud de la Chine) ou parmi les groupes proto-malais, tels les Iban de Bornéo. L’étude de ces mythes et des rites entrepris au nouvel an, en l’honneur de Gna Kué, la déesse- Grenouille, laisse à penser que l’âme de l’être humain prend, au moment de la mort d’un individu, l’aspect d’une grenouille et que c’est sous ce même aspect que l’esprit du chamane voyage lors de ses transes.
• Le serpent ou nâga : Doués de magie, les nâga forment une population aquatique parallèle à celle des hommes, entretenant avec eux des relations quotidiennes. Les jeunes nâga, métamorphosés en garçons avaient pour habitude de courtiser les filles des villages et, le cas éché-ant, les entraînaient dans les eaux.
Référence : Amphay Doré (CNRS ) magazine multimédia Globe-Mémoires sur la péninsule indochinoise