Portrait de Yannick un artiste touche à tout amoureux du lac Inle (Birmanie)

Yannick Borit a un parcours singulier qui mérite que j’écrive un article sur ses multiples activités en lien avec la Birmanie et en particulier avec le Lac Inle dans le Sud de l’Etat Shan. Ancien pompier de Paris et apprenti chez les compagnons, il est arrivé en Birmanie il y a une vingtaine d’années où il a créé avec son ex beau-père et son ex femme Intha l’ethnie qui vit sur le lac Inle, un projet hôtelier d’envergure le Inle Princess Resort. Décorateur de talent, il a conçu une cave à vins géante élaborée (table dorée et laquée en forme de bateau, bouteilles encastrées dans le mur), un échiquier flottant, un jardin ainsi qu’un spa qui été élu l’un des plus beaux spa du monde par un magazine spécialisé.

L’hôtel de charme a retenu l’attention de Best Asia Book Hotel ainsi que de la chaîne hôtelière Aman Resort qui a même failli inclure le Inle Princess Resort dans leur chaîne. Aman resort a demandé à Yannick et son ex compagne de passer un an dans des hôtels du groupe, mais le projet est tombé à l’eau à cause de  la situation politique de l’époque en Birmanie.

Yannick amoureux des animaux avait toujours eu à cœur depuis plusieurs années de réimplanter les chats de race birmane. C’est suite à une rencontre avec un explorateur chinois client de l’hôtel qui avait réintroduit des chiens tibétains au Tibet qu’il s’est lancé dans le projet de ré introduction des chats en leur construisant deux maisons sur pilotis à  l’hôtel. Pour cela, il a fallu se déplacer jusqu’à Bangkok pour s’en procurer car ils avaient presque disparus de Birmanie. Les chats provenaient des quatre coins du monde. L’idée était de donner des chats à des familles sérieuses qui pouvaient perpétuer la race. Suite à son divorce, son ex épouse lui a demandé de continuer le projet ce qu’a accepté Yannick pour lui faire plaisir. Apres le divorce, il a dû quitter le Inle Princess Resort et a ouvert en 2012 à Nyaungshwe la ville proche du lac, le « French touch » un restaurant- galerie d’art.

Réalisation de films

Yannick en tournage

En Birmanie, Yannick rencontre Jean Rey un photographe-reporter de renom et décide de se lancer dans la réalisation d’un film de fiction « Intha le fils du lac » tourné sur le lac Inle avec des acteurs amateurs. L’histoire se passe en partie dans un monastère donnant à voir la vie monastique, le quotidien d’enfants Intha devenus novices, la cérémonie de noviciation étape importante dans la vie de tout bouddhiste. Yannick a effectué trois retraites d’une fois une semaine dans un monastère. Le film est diffusé tous les soirs au « French touch » et est précédé de la projection de ses œuvres photographiques. Le film a été sélectionné au festival des films du monde à Montréal.

Deuxième tournage entièrement écrit et réalisé par Yannick : un documentaire humaniste de 53’ intitulé « Burmese letter to my daughter » voir le site http://www.burmese-letter-to-my-daughter.com/récompensé par le premier prix au festival de Los Angeles. Le film a pour sujet la tolérance, l’acceptation de la différence en donnant la parole à des personnes de différentes confessions (musulmans et bouddhistes) vivant proche et sur le lac comme cet artiste-peintre handicapé physique qui peint avec son pied à Indein un site historique relié au lac Inle par une rivière. Le travail photo est particulièrement soigné et le message universel.

Œuvre caritative

Le chœur des enfants de l’Opéra de Paris devait se produire à Pagan, mais suite à une annulation du spectacle, la direction a contacté Yannick pour savoir s’il pouvait les aider à monter un projet humanitaire sur le lac afin de récolter des fonds. Yannick a accepté. L’argent donné par les spectateurs et l’Ambassade de France en Birmanie a permis de restaurer une école dans un village de l’ethnie Pao, d’acheter du matériel, d’installer des WC et l’eau courante. Les Pao reconnaissables à leur tenue noire et leur turban orange vivent sur les montagnes entourant le lac. Contrairement aux Intha qui ont le niveau de vie le plus élevé de la région grâce aux jardins flottants, à l’artisanat et au tourisme, les Pao sont plus défavorisés. Nous avons eu la chance –des clients et moi-même- d’assister dans un hôtel de Nyaungshwe en 2015 à ce concert de bienfaisance, une soirée mémorable ! Qui aurait cru pouvoir écouter du Mozart ou du Charles Trenet en Birmanie? Vous l’aurez compris le « French touch » est un lieu incontournable quand on est à Nyaungshwe où il n’y a pas de cinéma. Vous y dégusterez des glaces maison, du bon pain au chocolat, des pizzas, du pain maison et du café importé.

Auteur : Daniel Gerbault Avril 2019