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La province de Nakhon Nayok : un joyau méconnu entre Bangkok et le parc national de Khao Yai.

Située une centaine de kms au nord-est de Bangkok, la province de Nakhon Nayok est souvent considérée par les touristes étrangers comme une simple région de transit entre Bangkok et l’Isan. Elle mérite bien plus. Elle est essentiellement fréquentée par les touristes Thaïs qui viennent se baigner au pied des célèbres chutes d’eau Sarika, camper ou descendre la rivière Nakhon Nayok en rafting. Un peu d’histoire. A l’époque du royaume d’Ayutthaya, les fièvres et la pauvreté du sol dans la partie sud de Nakon Nayok limitaient toute possibilité d’expansion. C’est alors qu’un roi exempta cette région de l’impôt prélevé sur les rizières, mesure qui commença à attirer la population. La ville fut alors appelée « Mueang Nayok » ce qui signifie littéralement « la ville dont l’impôt de rizières est levé ». C’est en faisant des recherches sur le Net que j’ai découvert cette province aux confins du parc national de Khao Yai inscrit au Patrimoine mondial par l’UNESCO. Venant de Bangkok, il faut sortir de la province péri urbaine de Pathumtani, au nord de Bangkok, en empruntant la route à trois voies souvent encombrée qui longe le canal de Rangsit, pour enfin apercevoir, après moins de deux heures de route, les premiers contreforts de la chaîne Don Phaya yen, une vaste zone naturelle montagneuse qui borde le plateau de Korat également inscrite au Patrimoine mondial de l’Humanité en raison de sa biodiversité. En cette fin de saison des pluies, les rizières sont d’un vert tendre. Après avoir été lavé par une averse, l’air est limpide. Ici la circulation est fluide, l’habitat disséminé. J’ai pris mon vélo et je compte bien me balader dans la campagne sillonnée de routes étroites serpentant entre les rizières et des hameaux paisibles. Ayant du temps devant moi, je me mets à la recherche d’un hébergement. Je trouve celui qu’il me faut : KP Homestay. Dès mon arrivée, je suis accueilli par Nid la pimpante propriétaire portant une robe fleurie comme son jardin méticuleusement entretenu. L’hébergement consiste en huit bungalows de forme triangulaire avec terrasse donnant sur les rizières. Les chambres sont lumineuses équipées de tout le confort moderne (frigo, TV, climatisation, chauffe-eau).

Le soir, je fais connaissance avec Nid. La parole facile, fière de son parcours, elle se livre facilement. Originaire d’Ubon Ratchatani, elle a travaillé une quinzaine d’années en tant que programmatrice dans une société informatique à Bangkok. Allergique à la pollution de la mégapole, elle a décidé de changer radicalement de vie. Son rêve était d’ouvrir un gîte loin de l’agitation et des particules fines de Bangkok. Pour cela, il fallait trouver un terrain propice. Le premier visité était trop près des collines recouvertes de jungle luxuriante. Nid craignait que cette proximité avec la faune sauvage (éléphants, tigres) représente un danger potentiel ;  Il est fréquent que les éléphants du parc national de Khao Yai, à la recherche de nourriture, se servent dans les vergers de durians, de bananes et autres fruits tropicaux. Autre point à prendre en considération : les glissements de terrain pouvant survenir pendant la mousson (juillet-octobre). Après plusieurs voyages de repérage, Nid a finalement jeté son dévolu sur une parcelle de terre entourée de rizières avec vue sur la chaîne de montagne au loin. Le chantier a commencé en 2021. Les clients sont au rendez-vous-même en semaine. Je vais déjeuner dans un petit restaurant près du homestay. A ma grande surprise, j’entends parler l’isan, un dialecte lao. Surprenant car nous sommes dans la plaine centrale et non pas dans le Nord-Est. L’explication est simple. La présence de la population d’ethnie lao dans la région de l’Isan (le Nord-Est de la Thaïlande) est le résultat direct de transferts massifs de captifs de guerre par le royaume de Siam. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les conflits répétés entre le Siam (l’actuelle Thaïlande) et les différents royaumes lao (Vientiane, Champassak et Luang Prabang) ont entraîné la déportation forcée de centaines de milliers de personnes. Conduites à pied jusque sur les terres des vainqueurs, elles devenaient généralement la propriété du roi, des membres de l’élite et des institutions religieuses. Ces transferts ont débordé jusqu’à Nakhon Nayok aux portes de l’Isan. Outre la langue – le dialecte isan est très proche du lao- les habitants de cette partie de la province ont conservé la gastronomie (som tam salade de papaye verte, riz gluant). Des concerts de mo lam musique traditionnelle lao sont régulièrement organisés.

Nid

Pour réserver au KP homestay :

https://www.facebook.com/KPNakornnayok

Pour en savoir plus sur les sites à visiter

https://www.routard.com/fr/guide/asie/thailande/environs-de-bangkok/nakhon-nayok

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