C’est lors d’un trek dans la région de Umphang (Nord-Ouest Thaïlande )qui remonte à plusieurs années que j’ai fait la rencontre de Lung Sommaï un patriarche karen qui a une philosophie de vie en phase avec l’époque actuelle, à savoir la protection de l’environnement et plus particulièrement de l’eau et de la forêt. Sa famille ainsi que huit autres vivent dans un vallon traversé par la source de l’affluent d’un fleuve important de Thaïlande: le Maeklong.

En 2019, Lung Sommaï a 71 ans. Il vit à Mong Kua dans le district montagneux de Umphang frontalier avec la Birmanie; Mong Kua est l’un des trois villages karen thaïlandais où est pratiqué un culte chamanique aux règles moins strictes qu’à Letongku à 8h de marche par la forêt. A Mong Kua, les habitants, pour leur consommation, élèvent des porcs, des poules et des canards. Quand on demande a Lung Somma

En 2019, Lung Sommaï a 71 ans. Il vit à Mong Kua dans le district montagneux de Umphang frontalier avec la Birmanie; Mong Kua est l’un des trois villages karen thaïlandais où est pratiqué un culte chamanique aux règles moins strictes qu’à Letongku à 8h de marche par la forêt. A Mong Kua, les habitants, pour leur propre consommation, élèvent des porcs, des poules et des canards. Quand on demande à Lung Sommai pourquoi il est concerné par la qualité de l’eau et cultive sans pesticides, il explique que le culte chamanique lui a appris à respecter la nature, les êtres vivants, à vivre sans convoiter les biens des autres, et à vivre en autosuffisance sans chercher à s’enrichir à tout prix. Dans sa jeunesse -il était plein d’idéal- il avait rejoint le parti communiste thaïlandais.

pourquoi il est concerné par la qualité de l’eau et cultive sans pesticides, il explique que le culte chamanique lui a appris à respecter la nature, les êtres vivants, à vivre sans convoiter les biens des autres, à vivre en autosuffisance sans chercher à s’enrichir à tout prix. Dans sa jeunesse -il était plein d’idéal- il avait rejoint le parti communiste thaïlandais.

Lung (oncle en thaï) Sommaï a fondé une communauté appelée « ton talé » signifiant « la source de la mer ».  Sa raison d’être : protéger la qualité de l’eau du fleuve Maeklong qui se jette dans le Golfe du Siam à Samut Songkram à 80 kms au Sud-Ouest de Bangkok. Comment? en plantant des arbres pour lutter contre l’érosion et en cultivant bio.

A ses côtés, huit familles cultivent le curcuma bio qui est vendu à Abhaibhubej un hôpital situé à Prachinburi spécialisé dans la médecine traditionnelle thaï. Chaque année, des techniciens de Abhaibhubej viennent à Mong Kua prélever des échantillons de terre pour analyses afin de s’assurer que le curcuma est bien bio. L’engrais utilisé est 100% naturel composé d’un compost de pousses de bambou, de guano de chauve-souris et de balles de riz. La communauté de ton talé prône la polyculture car la monoculture comme le maïs nécessite des engrais chimiques et des pesticides qui s’ecoulent dans les cours d’eau et la pollue.

Près de la maison de Lung Sommaï, a été construit  un centre d’informations servant aussi de gîte pour les invités de passage; sur les murs, une série de panneaux en thaï nous informant sur la culture karen, les règles de vie du culte chamanique, sur leur approche de l’écologie et sur l’histoire de la communauté ton talé. Prévoir son matelas gonflable. Couvertures fournies.

Lung Sommaï a reçu un prix décerné par l’émission de tv thaï « khon kon kon » pour son action en faveur de l’environnement. Cette émission populaire met en valeur des personnages au mode de vie atypique. Nous avons pris les repas dans sa maison entièrement construite en bambou. Lung Sommaï nous a fait goûter à son miel sauvage et à son infusion de plantes médicinales. Il est interessé par les plantes médicinales étrangères et voudrait bien en planter chez lui. Lors de mon dernier séjour début décembre 2019, j’ai été invité à assister à la cérémonie rituelle au temple de Mong kua. Elle a lieu en mars de chaque année. Ce rite annuel attire de nombreux Karen qui viennent faire des offrandes et s’incliner au pied de mâts en bambou correspondant à des génies protecteurs. Le dernier jour, en l’honneur de l’esprit de l’eau, les fidèles transportent un radeau en bambou chargé d’offrandes jusqu’à la rivière, le mettent à flotter et s’arrosent copieusement. Ainsi se termine cette magnifique fete.

Daniel Gerbault Décembre 2019