Le plus beau rubis du monde: le rubis “sang de pigeon” de Mogok en Birmanie

“Plus secrète que La Mecque, plus difficile d’accès que Lhassa, il existe au cœur de la jungle birmane une petite cité inconnue des hommes et qui règne pourtant sur eux par ses fabuleuses richesses depuis des siècles: c’est épour un quartier de chair vive tant elle avait la couleur du sang le plus généreux, le plus pur. C’était une sorte de soleil empourpré. L’aigle emporta le premier rubis de l’univers sur la cime la plus aiguë de la vallée. Ainsi naquit Mogok”… extrait de la vallée des rubis de Joseph Kessel.

Après avoir lu ce célèbre roman d’aventures de Joseph Kessel écrit en 1955, je me suis plongé dans “Pigeon blood valley. On the trail of Mogok’s famed Burmese ruby” un livre récent et très bien documenté, écrit à deux mains par Thierry Falise, journaliste de terrain basé à Bangkok grand spécialiste de la Birmanie et Adolf Peretti gemmologue suisse qui fait autorité dans le monde des rubis de Birmanie.

Mine de pierres précieuses Mogok. Crédit photo Thierry Falise/GRS

Le 12 mai 2015, lors d’une vente aux enchères organisée par Sotheby à Genève, un tonnerre d’auplaudissement retentit quand le commissaire priseur adjugea la vente d’un rubis birman de 25, 59 carats à 30 millions de dollars. Monté sur une bague Cartier, il a été acheté par un enchérisseur anonyme. La couleur “sang de pigeon” est la plus recherchée de toutes. Pour en trouver, il faut aller à Mogok mais on en trouve également au Mozambique et au Sri lanka. Une pierre à ne pas confondre avec les rubis dit sang de pigeon, ce sont les spinelles. Avant les progrès de la physique et de la chimie, on pensait que le rubis appelé “Prince noir” serti sur la couronne d’Angleterre était un rubis, mais en fait c’est un spinelle qui est rouge vif comme le rubis.

Importance des communautés indienne et Gurka à Mogkok

Le commerce des pierres précieuses à Mogok est tenu par des descendants de population du sous-continent indien venus en Birmanie pendant l’aventure coloniale britannique en Asie du Sud-Est. Originaire du Népal, les Gurkas sont bien implantés à Mogok. Connus pour leur bravoure au combat, ils furent engagés dans l’armée britannique. Arrivés en Birmanie en 1930, les Gurkas assuraient la securité des mines et des routes qui menaient à Mogok.

Concurrence des rubis du Mozambique

Environ 80% de la production mondiale de rubis provient du Mozambique. Après observation scientifique en laboratoire, il s’avère que ces rubis mozambicains sont trop chargés en fer et en chrome par rapport aux rubis birmans. Ce qui confère la luminosité des rubis birmans, c’est justement cette absence de fer.

Le bleu velouté des saphirs de Mogok

Outre des rubis, des spinelles et des péridots, on trouve des saphirs de très grande qualité à Mogok. Les saphirs les plus réputés au monde provenaient du Cachemire mais le gisement s’étant épuisé, ce sont ceux de Mogok qui sont les plus recherchés d’un bleu velouté.

La vallée de Mogok. Crédit photo Thierry Falise/GRS

Qu’acheter à Mogok?

Certainement pas des rubis car les plus beaux se retrouvent sur le marché thaïlandais, Bangkok étant la plaque tournante du commerce et de la taille des gemmes. Par contre, on peut acheter des spinelles bruts et taillés sur les différents marchés de Mogok qui ouvrent à tour de rôle: Cinema market, Lei OO market et Umbrella market entre autre.

Aller à Mogok

Nichée dans une vallée entourée de montagnes, Mogok (1200m. d’alt) est située à 200 kms de Mandalay. Les étrangers doivent être munis d’un permis pour s’y rendre.

Livres recommandés

  • Pigeon blood valley. On the trail of Mogok’s famed Burmese ruby. Adolf Peretti et Thierry Falise. Published by GRS GemResearch Swisslab AG 2016
  • Mogok, la vallée des pierres précieuses sous la direction de Kennedy Ho. Direction scientifique : Emmanuel Fritsch. Editions Glénat 2018